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Réputation numérique : les contre-exemples

Ils ont manqué de bons sens numérique et tentent, tant bien que mal, de recoller les morceaux. Quelques exemples à suivre si vous souhaitez ruiner votre réputation sur le web.

Les mésaventures de cette étudiante, de ce chômeur et de ces employés devraient finir de convaincre ceux qui ne surveillent pas encore leur e-réputation...

Connor Riley, licenciée le jour de son embauche à cause de Twitter

Le cas : Il y a un an, une étudiante de l'université de Californie est reçue en entretien d'embauche par le responsable de recrutement de la société américaine Cisco. Aussitôt le poste obtenu, elle annonce la nouvelle sur Twitter, pensant que seuls ces « followers » y auraient accès : « Cisco m'a proposé un poste. Maintenant je dois faire la balance entre un gros salaire pour un job que je vais détester et un long trajet quotidien vers San José. » Grâce à un système d'alertes, le responsable de recrutement, Tim Levad, découvre le « tweet » de Connor Riley. Il lui répond, non sans ironie, que Cisco est très présent sur le web.

Même si la jeune californienne supprime sur-le-champ son tweet, le mal est fait : Tim Levad a plus de 500 « followers » qui s'empressent de relayer l'histoire. Bien évidement, l'affaire fait le buzz. Résultat : Connor Riley est licenciée, moins de 24 heures après avoir été embauchée et est l'objet de railleries sur la Toile. Néanmoins, elle décide de réagir et crée un blog où elle explique qu'elle n'avait pas pris conscience de la portée de son acte.

Ce qu'il faut retenir : « Il faut comprendre que sur le web, absolument tout est rendu public et à tout moment ! », insiste Olivier Zara, consultant spécialisé dans le web 2.0 et auteur du livre « Réussir sa carrière grâce au personal branding ». Actuellement, Twitter est l'un des outils de veille les plus utilisés par les entreprises. L'affaire n'aurait certainement pas eu le même impact si les dires de l'étudiante avaient été publiés sur un forum. Néanmoins, en créant un blog pour avoir un « droit de réponse », Connor Riley ne perd pas totalement la face et sauve ce qui reste de sa e-réputation. En quelques heures, elle a d'ailleurs recensé des centaines de visites. « Elle a réagi vite et bien. Son blog est une façon intelligente d'expliquer le contexte et de présenter ses excuses », souligne Olivier Zara. Non sans audace, la jeune femme pointe le lien de son CV dans son blog, lui offrant ainsi une visibilité exceptionnelle.

Ronald V.A., quand web et politique ne font pas bon ménage

Le cas : En octobre 2006, Ronald V.A., militant au Parti Socialiste, se rend sur le blog de Lionel Jospin, alors en pleine campagne électorale et commente un des billets en signant de son prénom et nom. Plutôt que de lui répondre en commentaire (comme il est d'usage), Lionel Jospin publie sa réponse dans un nouveau billet intitulé « Réponse à Ronald V.A. », en citant en titre du billet le prénom et le nom du militant. Résultat : dès qu'un recruteur le « googlise », l'article de Lionel Jospin apparait et non le CV qu'il a soigneusement mis en ligne... Pendant deux ans, il n'obtient aucun entretien d'embauche, sans trop savoir pourquoi. Jusqu'au jour où un recruteur lui confie la vérité.

Ce qu'il faut retenir : « Si Ronald n'a pas trouvé de travail, c'est qu'il renvoyait, sans le savoir, l'image d'un gauchiste syndicaliste agitateur d'idées ! Ca peut effrayer les recruteurs... », explique Olivier Zara. Il convient donc d'être vigilant et de surveiller ce que les autres disent de vous sur la Toile. « Vous pouvez mettre en place un système d'alerte sur votre prénom et nom. Si quelqu'un parle de vous sur Internet, vous le saurez aussitôt et vous pourrez ainsi réagir rapidement », conseille t-il. Depuis, Ronald V.A. a fait appel à une agence d'experts pour gommer ses traces sur le web. « Lorsqu'on traine une casserole numérique, mieux vaut opter pour une stratégie pro-active, c'est-à-dire occuper le plus possible l'espace numérique. »

Treize employés grillés sur Facebook

Le cas : En novembre 2008, le personnel navigant de Virgin Atlantic a publié sur Facebook des informations outrageuses envers la compagnie aérienne et les passagers d'un vol. Informations qui sont arrivées jusqu'aux oreilles de l'équipe de direction et notamment de Richard Branson, PDG du groupe. À l'époque, il avait même déclaré : « on ne peut justifier que le site (Facebook) soit utilisé par le personnel de toute compagnie pour critiquer les passagers, qui en dernier ressort, paient leurs salaires ». Bilan du dérapage : les 13 hôtesses de l'air et stewards ont été licenciés.

Ce qu'il faut retenir : « Lorsqu'on publie une information sur le web, il faut se poser la question de son impact. Car on ne peut jamais être sûr qu'elle ne tombera pas dans les mains de quelqu'un d'autre que les personnes à qui on adressait ce message. Les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle n'existent pas vraiment sur Internet », rappelle Olivier Zara.

 

Aurélie Tachot © Cadremploi - Septembre 2010

 


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