Recevez les offres d'emploi qui vous correspondent par mail !

Créez une alerte e-mail

15 000 recruteurs attendent de consulter votre CV

Déposez votre CV

Dans les coulisses des nettoyeurs du Net

Se refaire une virginité sur la Toile, c'est désormais possible grâce aux « nettoyeurs du Net » ! Etape par étape, découvrez les astuces de ces experts,  pour qu'un simple post sur un forum passe aux oubliettes...

Sur le web, les rumeurs se répandent comme une trainée de poudre. En quelques clics, un internaute peut, délibérément ou non, entacher la réputation d'une personne, sans forcément être inquiété. Or, dans le monde virtuel, une rumeur ne s'éteint pas avec le temps. Au contraire, elle menace de ressurgir à tout moment.

Résultat : les agences spécialisées dans le blanchiment de l'image virtuelle fleurissent ici et là. Cependant pas d'illusion. Si, dans certains cas, ces experts peuvent effacer vos traces, dans d'autres, ils noieront simplement le contenu. Une chose est sûre : la suppression définitive d'une information négative est quasi-impossible. Celle-ci peut être supprimée en surface mais elle restera à jamais dans la mémoire cache des moteurs de recherche...

Le cas d'une vengeance professionnelle

Il y a quelques mois, un homme travaillant dans le secteur du tourisme a été licencié puis poursuivi en justice par son entreprise pour avoir mal calculé ses notes de frais. Il a été condamné par le Conseil des Prud'hommes à une amende et à l'obligation de rembourser les frais de justice de sa société. Hélas, l'impact de son écart de conduite ne s'est pas cantonné à quelques lignes dans la presse locale. Les dirigeants de son ancienne entreprise ont souhaité répandre l'affaire sur Internet et ont disséminé, sur une dizaine de forums, des commentaires injurieux. Un cas que l'agence ReputationSquad a eu à traiter récemment. Son co-fondateur, Albéric Guigou, nous raconte pas à pas les solutions qu'ils ont déployées.

- Etape 1 : le diagnostic

« Nous définissons une stratégie en fonction du problème de l'internaute, de ses objectifs et de son budget », explique Albéric Guigou. Sur quoi souhaite t-il communiquer ? Quelle cible veut-il atteindre ?

L'agence évalue également la présence du client sur la Toile. Or, lorsque les experts ont « googlisé » son nom, ils se sont aperçus qu'il avait une présence relativement limitée sur le web et que les résultats négatifs apparaissaient dans les premiers résultats des moteurs de recherche.

- Etape 2 : contacter les forums

Le premier reflexe ? Contacter les administrateurs des forums où les messages injurieux ont été postés pour tenter d'obtenir leur suppression. « Pour ce cas, nous avons réussi à effacer la majorité des commentaires. Généralement, nos résultats varient en fonction de la charte des sites Internet. Certains, comme www.commentcamarche.net, se préoccupent de leur contenu mais c'est loin d'être le cas de tous... », précise Albéric Guigou.

Lorsque les sites sont hébergés à l'étranger, la tâche devient plus difficile. Même les avocats qui collaborent avec l'agence peinent à avoir le dernier mot. « Une copie d'un article de presse était hébergé sur un blog à l'étranger. Nous avons contacté l'auteur pour qu'il le supprime. Mais il n'avait aucune envie d'agir et nous n'avions aucun moyen de pression juridique à notre disposition. » Seule solution : cacher le contenu.

- Etape 3 : noyer le poisson

Lorsque les agences ne parviennent pas à effacer la fameuse trace, elles essayent de noyer le poisson en créant un nouveau contenu. L'enjeu ? « Faire apparaitre ce contenu négatif en troisième voire en quatrième page de résultats des moteurs de recherche. »

En relation étroite avec son client, l'agence ReputationSquad a donc créé deux blogs au contenu positif et de qualité. L'un à vocation professionnelle, l'autre plus personnel, axé sur les hobbies du client. « Le blog professionnel évoque les thématiques liées au secteur d'activité de notre client, le tourisme. Il recense notamment les bonnes adresses d'hôtels et de restaurants pour chaque destination de voyage. L'autre blog parle d'actualité sportive et de jeux vidéo », détaille Albéric Guigou. Or ces deux blogs sont très bien référencés par Google : d'une part leur adresse URL contient les prénom et nom du client, d'autre part ils sont mis à jour régulièrement. Idéal lorsqu'on souhaite faire remonter de l'information positive sur une personne.

La plupart du temps, ce sont les experts, et non le client, qui se chargent de créer le contenu de ces nouvelles plateformes. « Pour être le plus crédible possible, nous nous entourons de professionnels du secteur. Nous sous-traitons, par exemple, une partie de la rédaction des articles à des journalistes, bloggeurs et étudiants. » Une fois le blog ou le site lancé, le client a le choix de reprendre la main ou de laisser, moyennant un abonnement mensuel, l'équipe d'experts s'en occuper.

- Etape 4 : s'inscrire dans les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont, eux aussi, un très bon moyen de se rendre visible sur les moteurs de recherche et de se forger une image professionnelle crédible. Les experts de l'agence ont donc inscrit leur client sur Viadeo, LinkedIn, Twitter, Facebook et Copains d'avant. « Le meilleur moyen de se protéger sur le web, c'est d'exister et de prendre une large place », rappelle Albéric Guigou.

« Nous sommes restés fidèles au parcours de notre client. Nous ne créons jamais de fausse information car il pourrait avoir à justifier son parcours lors d'un entretien d'embauche par exemple. » Par la suite, ce sont eux qui se sont occupés de faire vivre son réseau de contacts, plusieurs fois par semaine. Toujours en étroite collaboration avec le client.

En conclusion...

Cout de l'opération: entre 5 000 et 6 000 euros. Car il aura fallu environ 5 mois à l'agence pour faire remonter ce contenu positif dans les pages de résultats des moteurs de recherche. « Il y avait beaucoup de contenu à créer », souligne Albéric Guigou. Mais au final, le défi est relevé. En effet,  les traces négatives n'arrivent plus qu'en bas de la troisième page de résultats sur Google. « C'est largement suffisant dans la mesure où le contenu que l'on a créé est pertinent et que les internautes arrêtent généralement leurs recherches dès la deuxième page. L'important, c'est que le client continue à alimenter, au moins une fois par semaine, les blogs mais aussi les réseaux sociaux. Car il n'est pas totalement à l'abri. Si un internaute retrouve les traces que l'on a noyées et s'il décide de partager ce lien avec son réseau de contacts, il peut y avoir une remontée... »

 

Aurélie Tachot © Cadremploi - Septembre 2010

 


Vos réactions, vos témoignages : jesuisvisiblesurleweb@cadremploi.fr